‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 78 sur 197 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

Lorsque l'on est ami comme nous, il me semble Que l'on doit tout se dire et tout se confier.

MADAME D U P R É

Eh bien ?

ROSAM B ERT, bas.

Vous saurez donc qu'on veut me marier.

MADAME DU PRÉ, bas à Ldltrc.

Le marier! cela m'inquiète, ma chère.

laure, bas à madame Dupre.

Mon Dieu! ne craignez rien; c'est sans doute, ma mère, Un sacrifice encor que son cœur fait au mien.

Haut à Rosambert.

Et comment trouvez-vous la personne?

ROSAMBERT.

Fort bien.

LAURE, à part.

O ciel!

rosambert, à part. Pendant la tirade qui suit, la figure de Laure se rembrunit par degrés; elle prend un air boudeur, et s'éloigne graduellement du comte.

C'est, je vous jure, une femme charmante; La taille la plus fine et la plus séduisante, Un regard pénétrant, un sourire enchanteur, De l'esprit, des talents, une rare candeur; La personne, en un mot, que l'on m'a proposée, A toutes les vertus... mais je l'ai refusée.

laure, accourant vers lui.

Vous l'avez refusée?

i}8 l'éducation ou les deux cousines

rosambert. Pendant le couplet précédent, il s'est amusé de l'effet qu'il produisait sur Laure. Quand elle revient, il la regarde tendrement.

Eh! pouvais-je hésiter?

Un motif bien puissant m'empêcha d'accepter. Vous ne... devinez pas?

LAURE, baissant les yeux en souriant.

Moi ? vraiment... non...

ROSAM BERT.

Cruelle !

Pouvez-vous ?...

madame dupré, d'un air satisfait.

Oh ! bien, moi, je suis plus fine qu'elle ; Je l'ai trouvé d'abord.

LAURE, à Rosambert.

Et ce motif enfin ?

ROSAMBERT.

C'est que je n'aurais pu lui donner que ma main.

madame dupré, poussant sa fille.

Laure, entends-tu ?

ROSAMBERT.

C'était cependant une affaire Très-brillante pour moi, m'a-t-on dit. Car son père Eut une belle place, et l'on ne peut nier Qu'il n'ait été, madame, un très-grand financier! Il économisa cent mille francs de rente Sur ses appointements qui n'étaient que de trente. Oh! c'est un homme d'ordre!

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