‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 86 sur 197 · ACTE III, SCÈNE I lfl · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I lfl

Eh! bien, voilà pourtant comme on juge les gens, On leur croit moins d'esprit quand ils ont du bon sens. Son rival est peut-être un homme fort aimable, Mais crois bien qu'à Duval il n'est pas comparable. Peux-tu le dédaigner? ah! lorsque tu le vois, Quand ton oreille entend le doux son de sa voix, Qu'il t'adresse un regard, une expression tendre, Comment ne pas l'aimer? je ne puis le comprendre.

laure, la regardant avec surprise.

Mon Dieu, Claire, quel feu tu mets dans tes discours!

claire, souriant avec embarras.

En effet... en parlant... je m'anime toujours... Laure, tu ne sais pas jusqu'où va sa tendresse! De toi, de son amour, il m'entretient sans cesse.

ba bet, à Laure.

C'est tout comme avec moi. J'en parle savamment. 11 se plaignait encor de vous dans le moment! 11 vous aime beaucoup, je vous assure.

laure, à sa cousine.

Écoute, Pour Duval je n'ai pas d'éloignement sans doute, Et j'aurais du plaisir à lui donner ma main, S'il avait un état brillant, honnête enfin.

claire, à Laure.

Dans ton choix ne sois pas légère, je t'en prie. Songe bien qu'il y va du bonheur de ta vie, Et ne t'expose pas à d'éternels regrets. Tendrement, en lui prenant la main.

Promets-moi d'y penser.

If2 l'éducation ou les deux cousines

laure, lui serrant affectueusement la main.

Oui, je te le promets.

J'ai toujours à Duval rendu pleine justice; Ah! crois bien qu'il s'en faut que mon cœur le haïsse!

babet, Vas à Claire. Eh bien! qu'en dites-vous? tout ne va plus si mal.

claire, "bas aussi.

Je vais vite, Babet, en prévenir Duval. J'ai déjà pu suspendre un projet si funeste; Qu'il vienne, et sa présence ici fera le reste.

babet, bas à Claire, en voyant entrer Florine. Tout changera bientôt, du moins j'en ai grand'peur; Car je vois arriver le démon tentateur.

Claire sort. Babet s'appuie sur un fauteuil et écoute la scène suivante.

SCÊ^dE II

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