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Oeuvres

Mais mon grand-père, accourant à mes pleurs Me trouve un jour dans les bras d'une fée ; Et cette fée, avec de gais refrains, Calmait le cri de mes premiers chagrins

Le bon vieillard lui dit, Tame inquiète: c< A cet enfant quel destin est promis? »

Elle répond : "Vois-le, sous ma baguette, " Garçon d'auberge, imprimeur et commis. ' Un coup de foudre ajoute à mes présages ' : « Ton fils atteint va périr consumé; « Dieu le regarde, et l'oiseau ranimé « Vole eu chantant biaver d'autres orages. »

Et puis la fée, avec de gais refrains,

Calmait le cri de mes premiers chagrins.

" Tous les plaisirs, sylphes de la jeunesse, K Eveilleront sa lyre au sein des nuits. t' Au toit du pauvre il répand 1 alégresse;

' L'auteui' lut frap[ié ilc l.i foiulrf dans sa jeunesse.

<f A l'opulence il sauve des ennuis.

«Mais quel spectacle attriste sou langage? «Tout s'engloutit, et gloire et liberté : « Gomme un pêcheur qui rentre épouvanté, « Il vient au port raconter leur naufrage. » Et puis la fée , avec de gais refrains, Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Le vieux tailleur s'écrie : « Eh quoi ! ma fille « Ne m'a donné qu'un faiseur de chansons! u Mieux jour et nuit vaudrait tenir l'aiguille « Que, faible écho, mourir en de vains sons. » « Va, dit la fée, à tort tu t'en alarmes; « De grands talents ont de moins beaux succès. « Ses chants légers seront chers aux Français, « Et du proscrit adouciront les larmes. » Et puis la fée, avec de gais refrains. Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Amis, hier j'étais faible et morose, L'aimable fée apparaît à mes yeux.

8 CHAÎSSONS DE BERANGER.

Ses doijjts distraits effeuillent une rose y

Elle me dit : « Tu te vois déjà vieux. « Tel qu'aux déserts parfois brille un mirage ', <f Aux cœurs vieillis s'offre un doux souvenir. « Pour te fêter tes amis vont s'unir : « Long-temps près d'eux revis dans un autre âge.»

Et puis la fée, avec ses gais refrains, |

Comme autrefois dissipa mes chagrins. )

' Les effets fdiit;i»ti([iies(lu mirage troinpeiit les yeux du voyayeur jusque dans les sables du désert; il croit vom: devaut lui des forêts, des lacs, des ruisseaux, etc.

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