‹ ŒuvresChapitre 29 sur 107 · LE GRENIER · texte numérisé non relu

LE GRENIER

Air du Carnaval de Meissonnier.

Je viens revoir Fasile où nia jeunesse De la misère a subi les leçons.

J'avais vingt ans, une folle maîtresse, De francs amis et l'amour des chansons., Bravant le monde et les sots et les sages, Sans avenir, riche de mou printemps, Leste et joyeux je montais six étages.

Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !

C'est un grenier, point ne veux qu'on l'ignore Là fut mon lit bien chétif et bien dur; Là fut ma table; et je retrouve encore Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur. Apparaissez, plaisirs de mon bel âge,

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128 CHAINSONS DE BÉRANGER.

Quittons ce toit où ma raison s'enivre. Oh! qu'ils sont loin ces jours si regrettés! J'échangerais ce qu'il me reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés. Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie, Pour dépenser sa vie en peu d'instants, D'un long espoir pour la voir embellie. Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!

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