‹ ŒuvresChapitre 52 sur 107 · LES BOHEMIENS · texte numérisé non relu

LES BOHEMIENS

Air : Mon [)ère m'a (touiié un mari.

Sorciers, bateleurs ou filous, Reste immonde D un. ancien monde ; Sorciers, bateleurs ou filous, Gais Bohémiens, d'où venez-vous?

D'où nous venons? Ton n'en sait rien.

L'hirondelle D'où vous vient-elle?

D'où nous venons? l'on n'en sait rien.

Où nous irons, le sait-on bien?

Sans pays, sans prince et sans lois,

Notre vie Doit faire envie; Sans pays, sans prince et sans lois, L'homme est heiir&ux un jour sur trois.

Tous indépendants nous naissons, Sans église Qui nous baptise ; Tous indépendants nous naissons Au bruit du fifre et des chansons.

Nos premiers pas sont dégagés ,

Dans ce monde

Où l'erreur abonde ;

Nos premiers pas sont dégagés

Du vieux maillot des préjugés.

Au peuple, en butte à nos larcins, Tout grimoire Eu peut faire accroire;

Au peuple, en botte à nos larcins, Il faut des sorciers et des saints.

Trouvons-nous Plutus en chemin , Notre bande Gaîment demande; Trouvons-nous Plutus en chemin , En chantant nous tendons la main.

Pauvres oiseaux que Dieu bénit!

De la ville / Qu'on nous exile ; Pauvres oiseaux que Dieu bénit.

Au fond des bois pend notre nid.

A tâtons l'Amour, chaque nuit, Nous attéle Tous pêle-mêle ; A tâtons l'Amour, chaque nuit.

Nous attéle au char qu'il conduit.

214 CIJAlNSOiNS Di-: BÉRANGEK.

Ton œil ne peut se détacher, Philosophe De mince étoffe; Ton œil ne peut se détacher Dn vieux coq de ton vieux clocher.

Voir c'est avoir. Allons courir!

Vie errante -

Est chose enivrante. î-

-i^: Voir c'est avoir. Allons courir! Car tout voir c'est tout conquérir.

Mais à l'homme on crie en tout lieu , ' Ou il s agite ,

Ou croupisse au gîte; Mais à l'homme on crie en tout lieu : " Tu nais, bonjour; tu meurs, adieu. »

Quand nous mourons, vieux ou bambin , Homme ou femme,

CHANSONS DE BÉBANGER. 215

A Dieu soit notre ame !

Quand nous mourons, vieux ou bambin , On vend le corps au carabin.

Nous n'avons donc, exempts d orgueil, De lois vaines, De lourdes chaînes; Nous n'avons donc , exempts d'orjjfueil , Ni berceau, ni toit, ni cercuei!.

Mais, croyez-en notre gaîté ,

Noble ou prêtre,

Valet ou maître ;

Mais, croyez-en notre gaîté ,

Le bonheur c'est la liberté.

Oui, croyez-en notre gaîté,

Noble ou prêtre,

Valet ou maître ;

Oui, croyez-en notre gaîté,

Le bonheur c'est la liberté.

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