LE 14 JUILLET
Air ; A soixante ans il ne faut pas remettre.
Pour un captif, souvenir plein de charmes! .Eétais bien jeune; on criait : Vengeons-nous! A la Bastille! aux armes! vite, aux armes! Marchands, bourgeois, artisans couraient tous, (bis.) Je vois pâlir et mère et femme et fille ; Le canon gronde aux rappels du tambour, (bis.) Victoire au peuple! il a pris la Bastille! | Un beau soleil a fêté ce grand jour, ] A fêté ce grand jour. ''^ (bis.)
bis.
Enfants, vieillards, riche ou pauvre, on s embrasse.
Les femmes vont redisant mille exploits. Héros du siège , un soldat bleu qui passe ^' Est applaudi des mains et de la voix.
Le nom du roi frappe alors mon oreille ; De Lafayette on parle avec amour. La France est libre et ma raison s'éveille. Un beau soleil a fêté ce grand jour, A fêté ce grand jour.
Le lendemain un vieillard docte et grave Guida mes pas sur d'immenses débris. . . . « Mon fils, dit-il, ici dun peuple esclave, " Le despotisme étouffait tous les cris. « Mais des captifs pour y loger la foule, " Il creusa tant au pied de chaque tour, " Qu'au premier choc le vieux château s'écroule. « Un beau soleil a fêté ce grand jour, « A fêté ce grand jour.
« La Liberté, rebelle antique et sainte, '( Mon fils, s'armant des fers de nos aïeux,
« A son triomphe appelle en cette enceinte <( L'Égalité, qui redescend des cieux.
« De ces deux sœurs la foudre gronde et ijiille. « C'est Mirabeau tonnant contre la Cour. « Sa voix nous crie : Encore une Bastille! « Un beau soleil a fêté ce grand jour, « A fêté ce grand jour.
« Où nous semons chaque peuple moissonne. « Déjà vingt rois, au bruit de nos débats, « Portent , tremblants, la main à leur couronne , « Et leurs sujets de nous parlent tout bas. li Des droits de l'homme, ici, l'ère féconde « S'ouvre et du globe accomplira le tour. « Sur ces débris, Dieu crée un nouveau monde. « Un beau soleil a fêté ce grand jour, l'A fêté ce grand jour. »
De ces leçons qu'un vieillard m'a données, Le souvenir dans mon cœur sommeillait.
Mais je revois, après quarante années,
262 GHAISSONS DE BÉRA^:GER.
Sous les verrous, le Quatorze Juillet, [bis.) O Liberté! ma voix, qu'on veut proscrire, Redit ta gloire aux murs de ce séjour, (bis.) A mes barreaux l'aurore vient sourire ; Un beau soleil fête encor ce grand jour. Fête encor ce grand jour, (bis.)
bis.
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CHAINS()^S DE HEHANGER.