‹ ŒuvresChapitre 64 sur 107 · CMDINAL ET LE CHANSONNIER · texte numérisé non relu

CMDINAL ET LE CHANSONNIER

Ain : Je vais bientôt quitter 1 empire.

Quel beau mandement vous nous faites! '''

Prélat, il me comble d'honneur!

Vous lisez donc mes chansonnettes:'

Ah ! je vous y prends, Monseigneur, {bis.)

Entre deux vins, souvent ma muse

Perdit son bandeau vii-ginal.

Petit péché , si son ivresse amuse.

Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?

CHANSONS DE BÉKANGEli. "i(J7

Gà, que vous semble de Lisette

Qui dicta mes chants les plus doux?

Vous vous signez sous la bai-rette!

Lise a vieilli; rassurez-vous.

Des jésuites elle raffole ; ^-

Et priant Dieu tant bien que mal,

Pour leurs enfants Lise tient une école.

Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?

A chaque vers patriotique, ^"

Je vous vois me faire un procès.

Tout prélat se croit hérétique

Qui chez nous a le cœur français.

Sans y moissonner, moi, pauvre homme,

J'aime avant tout le sol natal.

J'y tiens autant que vous tenez à Rome. Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?

Puisque vous fredonnez mes rimes.

Vous grand lévite ultramontain ,

N'y trouvez-vous pas des maximes

Dignes du bon Samaritain? ^'

D'huile et de baume les mains pleines,

Il eût rougi d'aigrir le mal.

Ah! d'un captif il n'eût vu que les chaines. Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal.'

Enfin, avouez qu'en mon livre '

Dieu brille à travers ma gaîté.

Je crois qu'il nous regarde vivre; ^'

Qu'il a béni ma pauvreté.

Sous les verrous, sa voix m inspire

Un appel à son tribunal.

Des grands du monde elle m'enseigne à rire. Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?

Au lond vous avez lame bonne.

Pardonnez à l'homme de bien, Monseigneur, pour qu il vous pardonne Votre mandement peu chrétien.

GHAiNSONS DE BÉRANGRR. 269

Mais au Conclave on met la nappe, ^^

Partez pour Rome à ce signal.

Le Saint-Esprit fasse de vous un pape!

Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal:^

CHANSONvS DE BÉRANGER.

i(ië>(Jàà(iéè)(j)àiiiS^^ééC'ëé^'l)éé€)Êèc)'S'

COUPLET

Air: C'est le meilleur homme du monde.

.1 ai suivi plus d'enterrements

Que de noces et de baptêmes;

J'ai distrait bien des cœurs aimants

Des maux qu'ils aggravaient eux-mêmes.

Mon Dieu, vous m'avez bien doté •

Je n ai ni force ni sagesse;

Mais je possède une gaîté

Qui n'offense point la tristesse.

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