‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 105 sur 785 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Do ses attraits usés déguiser la foiblesse.

Ce sont là les retours des coquettes du temps :

Il leur est dur de voir déserter les galants.

Dans un tel abandon leur sombre inquiétude Ne voit d’autre recours que le métier de prude;

Et la sévérité de ces femmes de bien Censure toute chose et ne pardonne rien;

Hautement d’un chacun elles blâment la vie ,

Non point par charité, mais par un trait d’envie Qui ne sauroit souffrir qu’un autre ait les plaisirs Dont le penchant de l’âge a sevré leurs désirs.

MADAME PERNELLE, à Elmire.

Voilà les contes bleus qu’il vous faut pour vous plaire,

Ma bru. L’on est chez vous contrainte de se taire;

Car madame, à jaser, tient le dé tout le jour.

Mais enfin je prétends discourir à mon tour :

Je vous dis que mon fils n’a rien fait de plus sage Qu’en recueillant chez soi ce dévot personnage;

Que le ciel au besoin l’a céans envoyé Pour redresser à tous votre esprit fourvoyé;

Que, pour votre salut, vous le devez entendre,

Et qu’il ne reprend rien qui ne soit à reprendre.

Ces visites, ces bals, ces conversations,

Sont du malin esprit toutes inventions.

Là, jamais on n’entend de jaieuses paroles;

Ce sont propos oisifs, chansons et fariboles;

Bien soiivent le prochain en a sa bonne part,

Et l’on y sait médire et du tiers et du quart.

Enfin les gens sensés ont leurs têtes troublées De la confusion de telles assemblées;

Mille caquets divers s’y font en moins de rien;

Et , comme l’autre jour un docteur dit fort bien ,

C’est véritablement la tour de Babylone,

Car chacun y babille, et tout du long de l’aune;

Et pour conter l’histoire où ce point l’engagea...

( montrant Cléunte.)

Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà!

Allez chercher vos fous qui vous donnent à rire,

(à Elmire .)

Et sans... Adieu, ma bru; je ne veux plus rien dire.

Sachez que pour céans j’en rabats la moitié,

Et qu’il fera beau temps quand j’y mettrai le pied.

(i donnant un soufflet a Flipote.)

LE TARTUFE

Allons, vous, vous rêvez et bavez aux corneilles. Jour de dieu! je saurai vous frotter les oreilles. Marchons, gaupc, marchons.

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