‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 180 sur 785 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

À mon serment on m’en peut croire.

amphitryon. Il faut donc qu’au sommeil tes sens se soient portés, Et qu’un songe fâcheux, dans ses confus mystères, T’ait fait voir toutes les chimères Dont tu me fais des vérités.

sosie. Tout aussi peu. Je n’ai point sommeillé.

Et n’en ai même aucune envie.

Je vous parle bien éveillé:

J’étois bien éveillé ce matin, sur ma vie;

Et bien éveillé même étoit l’autre Sosie Quand il m’a si bien étrillé.

amphitryon. Suis-moi , je t’impose silence.

C’est trop me fatiguer l’esprit;

Et je suis un vrai fou d’avoir la patience D’écouter d’un valet les sottises qu’il dit. sosie , à part.

Tous les discours sont des sottises Partant d’un homme sans éclat :

Ce seroient paroles exquises Si c’étoit un grand qui parlât.

amphitryon. Entrons sans davantage attendre.

Mais Alcmène paraît avec tous ses appas;

En ce moment, sans doute, elle ne m’attend pas,

Et mon abord la va surprendre.

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