‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 184 sur 785 · ACTE II, SCÈNE 11. ‘Jll · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE 11. ‘Jll

amphitryon. Ensemble?

alcmène. Assurément. Quelle est cette demande? amphitryon, à part.

Ali! c’est ici le coup le plus cruel de tous,

Et dont à s’assurer trembloit mon feu jaloux. alcmène. D’où vous vient, à ce mot, une rougeur si grande?

Ai-je fait quelque mal de coucher avec vous? amphitryon. Non, ce n’étoit pas moi, pour ma douleui sensible,

Et qui dit qu’hier ici mes pas se sont portés,

Dit, de toutes les faussetés,

La fausseté la plus horrible.

alcmène. Amphitryon!

amphitryon. Perfide!

alcmène. Ah! quel emportement!

amphitryon. Non, non, plus de douceur et plus de déférence.

Ce revers vient à bout de toute ma constance;

Et mon cœur ne respire, en ce fatal moment,

Et que fureur et que vengeance.

alcmène. De qui donc vous venger? et quel manque de foi Vous fait ici me traiter de coupable?

amphitryon. Je ne sais pas, mais ce n’éloit pas moi :

Et c’est un désespoir qui de tout rend capable. alcmène. Allez, indigne époux; le fait parle de soi,

Et l’imposture est effroyable.

C’est trop me pousser là-dessus,

Et d’infidélité me voir trop condamnée.

Si vous cherchez, dans ces transports confus,

Un prétexte à briser les nœuds d’un hyménée Qui me tient à vous enchaînée,

Tous ces détours sont superflus;

Et me voilà déterminée

A souffrir qu’en ce jour nos liens soient rompus. amphitryon. Après l’indigne affront que l’on me fait connoître,

C’est, bien à quoi, sans doute, il faut vous préparer:

C’est le moins qu’on doit voir; et les choses peut-être Pourront n’en pas là demeurer.

Le déshonneur est sûr, mon malheur m’est visible,

Et mon amour en vain voudroit me l’obscurcir :

Mais le détail encor ne m’en est pas sensible ,

Et mon juste courroux prétend s’en éclaircir.

Votre frère déjà peut hautement répondre Que jusqu’à ce matin je ne l’ai point quitté:

Je m’en vais le chercher afin de vous confondre

AMPHITRYON

Sur ce retour qui m’est faussement imputé.

Après, nous percerons jusqu’au fond d’un mystère Jusques à présent inouï;

Et, dans les mouvements d’une juste colère,

Malheur à qui m’aura trahi!

sosie. Monsieur...

amphitryon. Ne m’accompagne pas,

Et demeure ici pour m’attendre.

cléanthis, à Alcmène.

Faut-il?...

alcmène. Je ne puis rien entendre :

Laisse-moi seule et ne suis point mes pas.

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