‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 205 sur 785 · MERCURE, SOSIE · texte numérisé non relu

MERCURE, SOSIE

mercure. Arrête. Quoi! tu viens ici mettre ton nez,

Impudent flcureur de cuisine!

sosie. Ah! de grâce, tout doux!

mercure. Ah! vous y retournez!

Je vous ajusterai l’échine.

sosie. Hclas! brave et généreux moi,

Modère-toi, je t’en supplie.

Sosie, épargne un peu Sosie,

Et ne te plais point tant à frapper dessus toi. mercure. Qui de t’appeler de ce nom A pu te donner la licence?

Ne t’en ai-je pas fait une expresse défense,

Sous peine d’essuyer mille coups de bâton? sosie. C’est un nom que tous deux nous pouvons à la fois Posséder sous un même maître.

Pour Sosie en tous lieux on sait me reconnoître;

Je souffre bien que tu le sois,

Souffre aussi que je le puisse être.

Laissons aux deux Amphitryons Faire éclater des jalousies;

Et, parmi leurs contentions,

Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies. mercure. Non, c’est assez d’un seul, et je suis obstiné A ne point souffrir de partage.

sosie. Du pas devant sur moi tu prendras l’avantage;

Je serai le cadet et tu seras l’aîné.

mercure. Non: un frère incommode et n’est pas de mon goût, Et je veux être fils unique.

sosie. O cœur barbare et tyrannique!

Souffre qu’au moins je sois ton ombre.

mercure. Point du tout.

sosie. Que d’un peu de pitié ton ame s’humanise;

En cette qualité souffre-moi près de toi:

Je te serai partout une ombre si soumise Que tu seras content de moi.

mercure. Point de quartier; immuable est la loi.

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