‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 232 sur 785 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

jours à eux des torts que l’on pourra vous faire. Pour moi, qui ne vous ai point dit de vous marier avec moi , et que vous avez prise sans consulter mes sentiments, je prétends n’ètre point obligée à me soumettre en esclave à vos volontés; et je veux jouir, s’il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m’offre la jeunesse, prendre les douces libertés que l’âge me permet, voir un peu le beau monde et goûter le plaisir de m’ouïr dire des douceurs. Préparez-vous-y pour votre punition; et rendez grâces au ciel de ce que je ne suis pas capable de quelque chose de pis.

george dandin. Oui ! c’est ainsi que vous le prenez? Je suis votre mari, cl je vous dis que je n’entends pas cela.

Angélique. Moi , je suis votre femme, et je vous dis que je l’entends.

george dandin, à part. Il me prend des tentations d’accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleurettes. Ah! Allons, George Dandin; je ne pourrais me retenir, et il vaut mieux quitter la place.

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