‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 239 sur 785 · SCÈNE NI · texte numérisé non relu

SCÈNE NI

MONSIEUR et MADAME DE SOTEN VILLE , ANGÉLIQUE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE.

Claudine. Fort, madame! frappez comme il faut.

angélique, faisant semblant de parlera Clitandre. S’il vous demeure quelque chose sur le cœur, je suis pour vous répondre.

Claudine. Apprenez à qui vous vous jouez.

angélique, faisant l’étonnée. Ah! mon père, vous êtes là?

monsieur de sotenville. Oui , ma fille; et je vois qu’en sagesse et en courage tu te montres un digne rejeton de la maison de Sotenville. Viens çà ; approche-toi, que je t’embrasse.

madame de sotenville. Embrasse-moi aussi, ma fille. Las! je pleure de joie, et reconnois mon sang aux choses que tu viens de faire.

monsieur de sotenville. Mon gendre, que vous devez être ravi! et que cette aventure est pour vous pleine de douceurs! Vous aviez un juste sujet de vous alarmer ; mais vos soupçons se trouvent dissipés le plus avantageusement du monde.

madame de sotenville. Sans doute, notre gendre, et vous devez maintenant être le plus content des hommes.

Claudine. Assurément. Voilà une femme, celle-là! Vous êtes trop heureux de l’avoir, et vous devriez baiser les pas où elle passe.

george dandin , à part. Hé ! traîtresse !

monsieur de sotenville. Qu’est-ce, mon gendre? Que ne remerciez-vous un peu votre femme de l’amitié que vous voyez quelle montre pour vous?

angélique. Non, non , mon père; il n’est pas nécessaire. Il ne m’a aucune obligation de ce qu’il vient de voir; et tout ce que j’en fais n’est que pour l’amour de moi-même.

monsieur de sotenville. Où allez-vous, ma fille?

angélique. Je me retire, mon père, pour ne me voir point obligée de recevoir ses compliments.

Claudine, à George Dandin. Elle a raison d’être en colère. C’est une femme qui mérite d’ètre adorée ; et vous ne la traitez pas comme vous devriez.

george dandin, à part. Scélérate!

GEORGE DANDIN

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