‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 242 sur 785 · CLITANDRE, LU B IN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, LU B IN

clitandre. La nuit est avancée, et j’ai peur qu’il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin!

lubin. Monsieur?

clitandre. Est-ce par ici?

lubin. Je pense que oui. Morgue! voilà une sotte nuit, d’être si noire que cela!

clitandre. Elle a tort , assurément; mais si, d’un côté , elle nous empêche de voir, elle empêche, de l’autre, que nous ne soyons vus. lubin. Vous avez raison, elle n’a pas tant de tort. Je Aroudrois bien savoir, monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit? clitandre. C’est une grande question, et qui est difficile. Tu es curieux, Lubin.

lubin. Oui ; si j’avois étudié, j’aurois été songer à des choses où on n’a jamais songé.

GEORGE DANDIN

clitandre. Je le crois. Tu as la mine d’avoir l’esprit subtil et pénétrant. lubin. Cela est vrai. Tenez, j’explique du latin, quoique jamais je ne l’aie appris ; et, voyant l’autre jour écrit sur une grande porte, colle gium, je devinai que cela vouloit dire collège. clitandre. Cela est admirable! Tu sais donc lire, Lubin? lubin. Oui, je sais lire la lettre moulée; mais je n’ai jamais su apprendre à lire l’écriture.

clitandre. Nous voici contre la maison. ( après avoir frappé dans ses mains.) C’est le signal que m’a donné Claudine. lubin. Par ma foi, c’est une fille qui vaut de l’argent; et je l’aime de tout mon cœur.

clitandre. Aussi t’ai-je amené avec moi pour l’entretenir. lubin. Monsieur, je vous suis...

clitandre. Chut ! J’entends quelque bruit.

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