MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, DEUX SUISSES
premier suisse, sans voir monsieur de Pourceaugnac. Allons, dépêchons, camerade ; li faut allair tous deux nous à la Crève , pour regarter un peu chousticier sti monsiu de Pourcegnac , qui l’a été contané par ortonnance à l’être pendu par son cou.
second suisse, sans voir monsieur de Pourceaugnac. Li faut nous loèr un fenêtre pour foir sti choustice.
premier suisse. Li disent que l’on fait téjà planter un grand potence tout neuve pour ly accrocher sti Porcegnac.
second suisse. Li sira, mon foi , un grand plaisir di regarter pendre sti Limossin.
premier suisse. Oui , te li foir gambiller les pieds en haut tefant tout le monde.
second suisse. Li est un plaiçant trôle, oui ; li disent que s’être marié troy foie.
premier suisse. Sti tiable li fouloir trois femmes à li tout seul ! li est bien assez t’une.
second suisse, en apercevant monsieur de Pourceaugnac. Ah ! ponchour, mameselle.
premier suisse. Que faire fous là tout seul ?
monsieur de pourceaugnac. J’attends mes gens, messieurs.
second suisse. Li est belle, par mon foi!
monsieur de pourceaugnac. Doucement, messieurs.
premier suisse. Fous , mameselle, fouloir finir rechouir fous à la Crève?
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Nous faire foir à fous un petit pendement pien choli. monsieur de rouRCEAUGNAC. Je vous rends grâce.
second suisse. L’est un gentihomme limossin qui sera pendu chentiment à un grand potence.
monsieur de pourceaugnac. Je n’ai pas de curiosité. premier suisse. Li est là un petit teton qui l’est trôle.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. Tout beau !
premier suisse. Mon foi, moi couchair pien afec fous. monsieur de pourceaugnac. Ali ! c’en est trop ! et ces sortes d’ordures-là ne se disent point à une femme de ma condition. second suisse. Laisse, toi ; l’est moi qui le veut couchair afec elle. premier suisse. Moi , ne fouloir pas laisser. second suisse. Moi , lv fouloir, moi.
( Les deux Suisses tirent monsieur de Pourceaugnac avec violence.)