‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 405 sur 785 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

C ALI STE, seule.

Ah ! que sur notre cœur La sévère loi de l’honneur Prend un cruel empire !

Je ne fais voir que rigueurs pour Tyrcis; Et cependant, sensible à ses cuisants soucis, De sa langueur en secret je soupire,

Et voudrois bien soulager son martyre.

TROISIÈME INTERMÈDE. M9

C’est à vous seuls que je le dis,

Arbres, n’allez pas le redire.

Puisque le ciel a voulu nous former Avec un cœur qu’ Amour peut enflammer,

Quelle rigueur impitoyable Contre des traits si doux nous force à nous armer?

Et pourquoi , sans être blâmable ,

Ne peut-on pas aimer Ce (pic l’on trouve aimable?

Hélas! que vous êtes heureux,

Innocents animaux, de vivre sans contrainte,

Et de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux !

Hélas! petits oiseaux, que vous êtes heureux De ne sentir nulle contrainte,

Et de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux !

Mais le sommeil sur ma paupière Verse de ses pavots l’agréable fraîcheur :

Donnons-nous à lui tout entière;

Nous n’avons pas de loi sévère Qui défende à nos sens d’en goûter la douceur.

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