‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 443 sur 785 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

PREMIÈRE ENTRÉE DE RAIL ET

Les quatre garçons tailleurs dansants s'approchent de M. Jourdain. Deux lui arrachent le haut-de-chausses de ses exercices; les deux autres lui ôtent la camisole; après quoi, toujours en cadence, ils lui mettent son habit neuf. M. Jourdain se promène au milieu d'eux, et leur montre son habit, pour voir s'il est bien.

garçon tailleur. Mon gentilhomme, donnez, s’il vous plaît , aux garçons quelque chose pour boire.

monsieur Jourdain. Comment m’appelez-vous? garçon tailleur. Mon gentilhomme.

monsieur Jourdain. Mon gentilhomme! Voilà ce que c’est que de se mettre en personne de qualité! Allez-vous-en demeurer toujours habillé en bourgeois, on ne vous dira point : Mon gentilhomme. ( donnant de l'argent.) Tenez, voilà pour, Mon gentilhomme. garçon tailleur. Monseigneur, nous vous sommes bien obligés. monsieur Jourdain. Monseigneur ! Oh! oh! Monseigneur! Attendez, mon ami; Monseigneur mérite quelque chose, et ce n’est pas une petite parole que Monseigneur! Tenez, voilà ce que monseigneur vous donne. garçon tailleur. Monseigneur, nous allons boire tous à la santé de votre grandeur.

monsieur Jourdain. Votre grandeur! Oh! oh! oh! Attendez; ne vous en allez pas. A moi, Votre grandeur! (bas, à part.) Ma foi, s’il xra jusqu’à l’altesse, il aura toute la bourse, (haut.) Tenez, voilà pour ma grandeur. garçon tailleur. Monseigneur, nous la remercions très-humblement de ses libéralités.

monsieur Jourdain. Il a bien fait; je lui allois tout donner.

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