‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 451 sur 785 · DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE · texte numérisé non relu

DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE

dorante. Vous me semblez toute mélancolique. Qu’avez-vous, madame Jourdain?

madame Jourdain. J’ai la tête plus grosse que le poing , et si elle n est pas enflée.

dorante. Mademoiselle votre fille, où est-elle, que je ne la vois point ? madame Jourdain. Mademoiselle ma fille est bien ou elle est. dorante. Comment se porte-t-elle?

madame Jourdain. Elle se porte sur ses deux jambes.

dorante. Ne voulez-vous point, un de ces jours, venir voir avec elle le ballet et la comédie cpie l’on fait chez le roi? madame Jourdain. Oui , vraiment ! nous avons fort envie de rire , loi t eue h de rire nous avons.

dorante. Je pense , madame Jourdain , que vous avez eu bien des amants dans votre jeune âge, belle et d’agréable humeur comme vous étiez.

madame Jourdain. Tredame ! monsieur, est-ce que madame Jourdain est décrépite , et la tcte lui grouille-t-elle déjà? dorante. Ah! ma foi, madame Jourdain , je vous demande pardon! Je ne songeois pas que vous êtes jeune; et je rêve le plus souvent. Je vous prie d’excuser mon impertinence.

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