‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 463 sur 785 · CLÉONTE, COVIELLE · texte numérisé non relu

CLÉONTE, COVIELLE

covielle. Vous avez fait de belles affaires avec vos beaux sentiments.

cléonte. Que veux-tu? J’ai un scrupule là-dessus que l’exemple ne sauroit vaincre.

covielle. Vous moquez-vous de le prendre sérieusement avec un homme comme cela? Ne voyez-vous pas qu’il est fou? et vous coûtoit-il quelque chose de vous accommoder à ses chimères?

cléonte. Tu as raison ; mais je ne croyois pas qu’il falloit faire preuve de noblesse pour être gendre de monsieur Jourdain.

covielle , riant. Ah ! ah ! ah!

cléonte. De quoi ris-tu?

covielle. D’une pensée qui me vient pour jouer notre homme , et vous faire obtenir ce que vous souhaitez.

cléonte. Comment ?

covielle. L’idée est tout-à-fait plaisante.

cléonte. Quoi donc?

covielle. Il s’est fait depuis peu une certaine mascarade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans une bourle que je veux faire à notre ridicule. Tout cela sent un peu sa comédie; mais, avec lui, on peut hasarder toute chose; il n’y faut point chercher tant de façons , et il est homme à y jouer son rôle à merveille , à donner aisément dans toutes les fariboles qu’on s’avisera de lui dire. J’ai les acteurs , j’ai les habits tout prêts ; laissez-moi faire seulement.

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