SCÈNE VI
AGLAURE, CIDIPPE.
cinippE. Ma sœur, que sentez-vous à ce soudain malheur Où nous voyons Psyché par les destins plongée? aglaurf.. Mais vous, que sentez-vous, ma sœur? ciDippE. A ne vous point mentir, je sens que, dans mon cœur , Je n’en suis pas trop affligée.
aglaurf. Moi je sens quelque chose au mien Qui ressemble assez à la joie.
Allons, le destin nous envoie Un mal que nous pouvons regarder comme un bien.
PREMIER INTERMÈDE
La scène est changée en des rochers affreux , et fait voir en l'éloignement une grotte
effroyable.
C’est dans ce désert que Psyché doit être exposée pour obéir à l’oracle. Une troupe de personnes aflligées y viennent déplorer sa disgrâce. Une partie de celte troupe désolée témoigne sa pitié par des plaintes touchâmes et par des concerts lugubres ; et l’autre exprime sa désolation par une danse pleincde toutes les marques du plus violent désespoir.
PLAINTES EN ITALIEN, chantées par une Jemme désolée et deux
hommes affligés.
femme désolée. Dell ! piangete al pianto mio ,
Sassi duri, antiche selve ;
Lagrimate, fonti, e belve,
D’un bel volto il fato rio.
PREMIER HOMME AFFLIGÉ. Alli doloi’e !
second homme affligé. Ahimai’tire!
premier homme affligé. Cruda morte!
second homme affligé. Empia sorte !
tous trois. Cbe condanni a morir tanta beltà!
Cieli! stelle! Ahi crudeltà !
femme désolée. Rispondete a miei lamenti ,
Antri cavi, ascose rupi;
Dell! ridite, fondi cnpi,
Del mio duolo i mesti accenti.
premier homme affligé. Ahi dolore!
second homme afflicé. Ahi martire!
premier homme affligé. Cruda morte!