‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 522 sur 785 · L’AMOUR , ZÉPHYRE · texte numérisé non relu

L’AMOUR , ZÉPHYRE

zkvhyrf.. Oui , je me suis galamment acquitté

De la commission que vous m’avez donnée ;

Et, du haut du rocher, je l’ai, cette beauté ,

Par le milieu des airs doucement amenée Dans ce beau palais enchanté,

Où vous pouvez en liberté Disposer de sa destinée.

Mais vous me surprenez par ce grand changement Qu’en votre personne vous faites ;

Cette taille, ces traits, et cet ajustement,

Cachent tout-à-fait qui vous êtes ;

Et je donne aux plus fins à pouvoir , en ce jour, Vous reconnoître pour l’Amour.

l’amour. Aussi ne veux-je pas qu’on puisse me connoître;

Je ne veux à Psyché découvrir que mon cœur, Rien que les beaux transports de cette vive ardeur Que ses doux charmes y font naître ;

Et, pour en exprimer l’amoureuse langueur,

Et cacher ce que je puis être Aux yeux qui m’imposent des lois ,

PSYCH É

J’ai pris la forme que tu vois.

zéphyre. En Ion t vous êtes un grand maître;

C’est ici que je le connois.

Sous des déguisements de diverse nature,

On a vu les dieux amoureux Chercher à soulager cette douce blessure Que reçoivent les cœurs de vos traits pleins de feux Mais en bon sens vous l’emportez sur eux;

Et voilà la bonne figure Pour avoir un succès heureux Près de l’aimable sexe où l’on porte ses vœux.

Oui, de ces formes-là l’assistance est bien forte;

Et , sans parler ni de rang , ni d'esprit ,

Qui peut trouver moyen d’être fait de la sorte ,

Ne soupire guère à crédit.

i.’amour. J’ai résolu , mon cher Zéphyre ,

De demeurer ainsi toujours ;

Et l’on ne peut le trouver à redire A l’aîné de tous les Amours.

Il est temps de sortir de cette longue enfance Qui fatigue ma patience ;

Il est temps désormais que je devienne grand. zéphyre. Fort bien. Vous ne pouvez mieux faire;

Et vous entrez dans un mystère Qui ne demande rien d’enfant, i. 'amour. Ce changement, sans doute, irritera ma mère. zéphyre. Je prévois là-dessus quelque peu de colère.

Bien que les disputes des ans Ne doivent point régner parmi des immortelles , Votre mère Vénus est de l’humeur des belles.

Qui n’aiment point de grands enfants.

Mais où je la trouve outragée ,

C’est dans le procédé que l’on vous voit tenir ;

Et c’est l’avoir étrangement vengée,

Que d’aimer la beauté qu’elle vouloit punir !

Cette haine où ses vœux prétendent que réponde La puissance d’un fils que redoutent les dieux... ï ’amour. Laissons cela, Zéphyre , et médis si tes yeux

Ne trouvent pas Psyché la plus belle du monde? Est-il rien sur la terre, est-il rien dans les cieux Qui puisse lui ravir le titre glorieux De beauté sans seconde?

Mais je la vois , mon cher Zéphyre ,

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