ACTE 11, SCENE VI
Vous tournerez ce choix dont courent les nouvelles,
Et sur qui doit de nous tomber ce coup affreux Dont se voit foudroyé tout l’espoir de nos vœux? acanthe. Ne faites point languir deux amants davantage Et nous dites quel sort votre cœur nous partage. tyrène. Il vaut mieux, quand on craint ces malheurs éclatants, En mourir tout d’un coup que traîner si long-temps. myrtil. Rendez, nobles bergers, le calme à votre flamme;
La belle Mélicerte a captivé mon ame.
Auprès de cet objet mon sort est assez doux Pour ne pas consentir à rien prendre sur vous,
Et si vos vœux enfin n’ont que les miens à craindre, Vous n’aurez l’un ni l’autre aucun lieu de vous plaindre. acanthe. Ah! Myrtil, se peut-il que deux tristes amants... tyrène. Est-il vrai que le ciel, sensible à nos tourments... myrtil. Oui, content de mes fers comme d’une victoire,
Je me suis excusé de ce choix plein de gloire;
J’ai de mon père encor changé les volontés Et l’ai fait consentir à mes félicités.
acanthe, à Tyrène.
Ah ! que cette aventure est un charmant miracle Et qu’à notre poursuite elle ôte un grand obstacle! tyrène, à Acanthe.
Elle peut renvoyer ces nymphes à nos vœux Et nous donner moven d’être contents tous deux.