‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 544 sur 785 · PSYCHÉ, ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

PSYCHÉ, ACTE V, SCÈNE I

S’en est rendue indigne; et, dans ce dur ennui ,

La souffrance la plus mortelle,

Dont m’accable à toute heure un renaissant trépas, Est celle de ne le voir pas.

Si son courroux duroit encore,

Jamais aucun malheur n’approcheroit du mien; Mais, s’il avoit pitié d’une ame qui l’adore,

Quoi qu’il fallût souffrir, je ne souffrirois rien.

Oui , destin , s’il calmoit cette juste colère,

Tous mes malheurs seroient finis :

Pour me rendre insensible aux fureurs de la mère , Il ne faut qu’un regard du fils.

Je n’en veux plus douter, il partage ma peine ,

Il voit ce que je souffre, et souffre comme moi.

Tout ce que j’endure le gène;

Lui-même il s’en impose une amoureuse loi.

En dépit de Vénus, en dépit de mon crime ,

C’est lui qui me soutient, c’est lui qui me ranime Au milieu des périls où l’on me fait courir;

Il garde la tendresse où son feu le convie,

Et prend soin de me rendre une nouvelle vie Chaque fois qu’il me faut mourir.

Mais que me veulent ces deux ombres Qu’à travers le faux jour de ces demeures sombres J’entrevois s’avancer vers moi?

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