‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 564 sur 785 · OCTAVE, SC A PIN, SYLVESTRE · texte numérisé non relu

OCTAVE, SC A PIN, SYLVESTRE

scapin, à Octave. Et vous, préparez-vous à soutenir avec fermeté l’abord de votre père.

octave. Je t’avoue que cet abord me fait trembler par avance; et j’ai une timidité naturelle que je ne saurois vaincre.

scapin. Il faut pourtant paroître ferme au premier choc , de peur que , sur votre foiblesse, il ne prenne le pied de vous mener comme un enfant. Là, tâchez de vous composer par étude. Un peu de hardiesse; et songez à répondre résolument sur tout ce qu’il vous pourra dire.

octave. Je ferai du mieux que je pourrai.

scapin. Çà, essayons un peu, pour vous accoutumer. Répétons un peu votre rôle, et voyons si vous ferez bien. Allons; la mine résolue, la tète haute, les regards assurés.

LES FOURBERIES DE SCAPIN, octave. Comme cela ?

scapin. Encore un peu davantage.

octave . Ainsi ?

scapin. Bon. Imaginez-vous que je suis votre père qui arrive, et répondez-moi fermement, comme si c’étoit à lui-mème. Comment! pendard , vaurien, infâme, fils indigne d’un père comme moi, oses-tu bien paroître devant mes yeux, après tes bons déportements, après le lâche tour que tu m’as joué pendant mon absence? Est-ce là le fruit de mes soins , maraud ? est-ce là le fruit de mes soins ? le respect qui m’est dû ? le respect que tu me conserves? (Allons donc.) Tu as l’insolence, fripon, de t’engager sans le consentement de ton père, de contracter un mariage clandestin ? Réponds-moi , coquin , réponds-moi. Voyons un peu tes belles raisons... Oh! que diable, vous demeurez interdit. octave. C’est que je m’imagine que c’est mon père que j’entends. scapin. Hé , oui! c’est par cette raison qu’il ne faut pas être comme un innocent.

octa\ e. Je m en vais prendre plus de résolution , et je répondrai fermement.

scapin. Assurément?

octave. Assurément.

sylvestre. Voilà votre père qui vient.

octave. O ciel ! je suis perdu.

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