ACTE III, SCÈNE II
l’avoir cnfie de tonner ain coup d’épée dans sti sac.» Ah! monsieur, gardez-vous-en bien. « Montre-le-moi un peu, fous, ce que c’étre là. » Tout beau, monsieur. «Quement, tout beau!» Vous n’avez que faire de vouloir voir ce que je porte. « Et moi , je fouloir voir, moi. » Vous ne le verrez point. « Ab ! que de badineinente ! » Ce sont hardes qui m’appartiennent. « Montre-moi, fous, te dis-je.» Je n’en ferai rien. «Toi ne faire rien?» Non. «Moi pailler de ste bâtonne dessus les épaules de
toi. » Je me moque de cela. «Ah ! toi faire le trôle. » ( donnant des coups de bâton sur le sac , et criant comme s'il les recevoit. ) Ahi! ahi, ahi. Ah, monsieur, ah, ah, ah, ah. «Jusqu’au refoir : l’étre là un petit leçon pour li apprendre à toi parlair insolentemente. » Ah! Peste soit du baragouineux ! Ah!
c i ront!'. , sortant sa tête du sac. Ah! je suis roué!
sca ri n. Ah! je suis mort.
clronte. Pourquoi diantre faut-il qu’ils frappent sur mon dos?
(584 LES FOURBERIES DE SC API N
scapin, lui remettant la tète dans le sac. Prenez garde; voici une demidouzaine de soldats tout ensemble. ( contrefaisant la voix de plusieurs personnes. ) « Allons , tâchons à trouver ce Géronte, cherchons partout. N’épargnons point nos pas. Courons toute la ville. N’oublions aucun lieu. Visitons tout. Furetons de tous les côtés. Par où irons-nous? Tournons par là. Non, par ici. A gauche. A droite. Nenni. Si fait.» ' à Géronte , avec sa voix ordinaire. ) Cachez-vous bien. « Ah ! camarades , voici son valet. Allons, coquin, il faut que tu nous enseignes où est ton maître? >» Hé ! messieurs, ne me maltraitez point. « Allons , dis-nous où il est. Parle. Hâte-toi. Expédions. Dépêche vite. Tôt. » Hé! messieurs, doucement. ( Géronte met doucement la télé hors du sac , et aperçoit la fourberie de Scapin.) « Si tu ne nous fais trouver ton maître tout à l’heure, nous allons faire pleuvoir sur toi une ondée de coups de bâton. » J’aime mieux souffrir toute chose que de découvrir mon maître. « Nous allons t’assommer. » Faites tout ce qu’il vous plaira. « Tu as envie d’être battu? » Je ne trahirai point mon maître- ,< Ah ! tu en veux tâter? Voilà... » Oh ! ( Comme il est près de frapper , Géronte sort du sac , et Scapin s enfuit. )
géronte, seul. Ah! infâme! ah! traître! ah ! scélérat! C’est ainsi que tu m’assassines?