‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 619 sur 785 · LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS

«lire leurs noms : on sait ce qu’on vent dire par les galants de la cour.

.nu, te. Je m’étonne, madame, que, de tous ces grands noms que je devine, vous ayez pu redescendre à un monsieur Tibaudier , le conseiller, et a un monsieur Harpin, le receveur des tailles. La chute est grande, je vous l’avoue; car , pour monsieur votre vicomte, quoique vicomte de province, c’est toujours un vicomte, et il peut faire un voyage à Paris , s’il n’en a point fait : mais un conseiller et un receveur sont des amants un peu bien minces , pour une grande comtesse comme vous.

la comtesse. Ce sont gens qu’on ménage dans les provinces pour le besoin qu’on en peut avoir; ils servent au moins à remplir les vides de la galanterie, à faire nombre de soupirants ; et il est bon , madame, de ne pas laisser un amant seul maître du terrain , de peur que , faute de rivaux, son amour ne s’endorme sur trop de confiance.

Julie. Je vous avoue, madame, qu’il y a merveilleusement à profiter de tout ce que vous dites ; c’est une école que votre conversation , et j’y viens tous les jours attraper quelque chose.

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