‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 636 sur 785 · CLITANDRE, ARMANDE, HENRIETTE · texte numérisé non relu

CLITANDRE, ARMANDE, HENRIETTE

Henriette. Pour me tirer d’un doute où me jette ma sœur ,

Entre elle et moi, Clitandre, expliquez votre cœur; Découvrez-en le fond, et nous daignez apprendre Qui de nous à vos vœux est en droit de prétendre. \rmande. Non, non , je ne veux point à votre passion Imposer la rigueur d’une explication ;

Je ménage les gens, et sais comme embarrasse Le contraignant effort de ces aveux en face. clitandre. Non, madame, mon cœur, qui dissimule peu,

Ne sent nulle contrainte à faire un libre aveu.

Dans aucun embarras un tel pas ne me jette ;

Et j’avouerai tout haut, d’une ame franche et nette,

LES FEMMES SAVANTES

Que les tendres liens où je suis arrêté,

( montrant Henriette. ) Mon amour et mes vœux, sont tout de ce côté.

Qu’à nulle émotion cet aveu ne vous porte ;

Vous avez bien voulu les choses de la sorte.

Vos attraits m’avoient pris, et mes tendres soupirs Vous ont assez prouvé l’ardeur de mes désirs;

Mon cœur vous consacroit une flamme immortelle;

Mais vos yeux n’ont pas cru leur conquête assez belle; J’ai souffert sous leur joug cent mépris différents :

Ils régnoient sur mon aine en superbes tyrans;

Et je me suis cherché, lassé de tant de peines,

Des vainqueurs plus humains et de moins rudes chaînes.

( montrant Henriette. )

Je les ai rencontrés, madame, dans ces yeux,

Et leurs traits à jamais me seront précieux ;

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