‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 654 sur 785 · A CT K II, SCENE IX · texte numérisé non relu

A CT K II, SCENE IX

Vous résoudre une fois à vouloir être un homme ,

A faire condescendre une femme à vos vœux ,

• Et prendre assez de cœur pour dire un Je le veux!

Vous laisserez, sans honte, immoler votre fille Aux foliés visions qui tiennent la famille ,

Et de tout votre bien revêtir un nigaud ,

Pour six mots de latin qu’il leur fait sonner haut;

Un pédant qu’à tout coup votre femme apostrophe Du nom de bel-esprit et de grand philosophe,

D’homme qu’en vers galants jamais on n’égala,

Et qui n’est, comme on sait, rien moins que tout cela ! Allez, encore un coup, c’est une moquerie,

Et votre lâcheté mérite qu’on en rie.

chrysale. Oui , vous avez raison, et je vois que j’ai tort.

Allons, il faut enfin montrer un cœur plus fort,

Mon frère.

arïste. C’est bien dit.

chrysale. C’est une chose infâme Que d’être si soumis au pouvoir d’une femme. arïste. Fort bien.

chrysale. De ma douceur elle a trop profité, arïste. Il est vrai.

chrysale. Trop joui de ma facilité.

arïste. Sans doute.

• chrysale. Et je lui veux faire aujourd’hui connoître Que ma fille est ma fille, et que j’en suis le maître,

Pour lui prendre un mari qui soit selon mes vœux. arïste. Vous voilà raisonnable, et comme je vous veux. chrysale. Vous êtes pour Clitandre, et savez sa demeure , Faites-le-moi venir, mon frère, tout à l’heure. arïste. J’y cours tout de ce pas.

chrysale. C’est souffrir trop long-temps. Et je m’en vais être homme à la barbe des gens.

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