CI.ITANDRF
TRISSOTIN
CL1TANDRK.
hES FEMMES SAVANTES,
cutandre. Hé ! madame, de grâce; Monsieur est assez fort, sans qu’à son aide on passe :
Je n’ai déjà que trop d’un si rude assaillant;
Et, si je me défends , ce n’est qu’en reculant.
Mais l’offensante aigreur de chaque repartie ,
Dont vous...
gi.itandrk. Autre second ? Je quitte la partie.
On souffre aux entretiens ces sortes de combats ,
Pourvu qu’à la personne on ne s’attaque pas.
Hé! mon Dieu! tout cela n’a rien dont il s’offense.
Il entend raillerie autant qu’honnne de France;
Et de bien d’autres traits il s’est senti piquer,
Sans que jamais sa gloire ait fait que s’en moquer.
Je ne m’étonne pas , au combat que j’essuie ,
De voir prendre à monsieur la thèse qu’il appuie ;
Il est fort enfoncé dans la cour, c’est tout dit.
La cour, comme l’on sait, ne tient pas pour l’esprit. Elle a quelque intérêt d’appuyer l’ignorance ;
Et c’est en courtisan qu’il en prend la défense.
Vous en voulez beaucoup à cette pauvre. cour ;
Et son malheur est grand de voir que, chaque jour, Vous autres, beaux-esprits, vous déclamiez contre elle Que de tous vos chagrins vous lui fassiez querelle ,
Et, sur son méchant goût lui faisant son procès, N’accusiez que lui seul de vos méchants succès. Permettez-moi , monsieur Trissotin , de vous dire ,
Avec tout le respect que votre nom m’inspire ,
Que vous feriez fort bien , vos confrères et vous ,
De parler de la cour d’un ton un peu plus doux :
Qu’à le bien prendre , au fond , elle n’est pas si bête Que , vous autres messieurs , vous vous mettez en tête ; Qu’elle a du sens commun pour se connoître à tout; Que chez elle on se peut former quelque bon goût ,
Et que l’esprit du monde y vaut, sans flatterie,
Tout le savoir obscur de la pédanterie.
De son bon goût, monsieur, nous voyons des effets.
Où voyez-vous , monsieur, quelle l’ait si mauvais?
Ce que je vois , monsieur? C’est que pour la science Rasius et Baldus font honneur à la France ;
Et que tout leur mérite , exposé fort au jour,
N’attire point les yeux et les dons de la cour.
Je vois votre chagrin , et que , par modestie ,
Vous ne vous mettez point, monsieur, de la partie;