‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 675 sur 785 · JULIEN · texte numérisé non relu

JULIEN

julien. Le savant qui tantôt vous a rendu visite ,

Et de qui j’ai l’honneur d’être l’humble valet ,

Madame , vous exhorte à lire ce billet.

philaminte. Quelque important que soit ce qu’on veut que je lise ,

772 LES FEMMES SAVANTES

Apprenez, mon ami , (pie c’est une sottise De se venir jeter au travers d’un discours ;

Et qu’aux gens d’un logis il faut avoir recours ,

Afin de s’introduire en valet qui sait vivre. julien. Je noterai cela, madame, dans mon livre.

ru i i.amintk. « Trissotin s’est vanté, madame, qu’il épouseroit votre fille. « Je vous donne avis que sa philosophie n’en veut qu’à vos richesses , « et que vous ferez bien de ne point conclure ce mariage, que vous « n’ayez vu le poëine que je compose contre lui. En attendant cette « peinture, où je prétends vous le dépeindre de toutes ses couleurs, je « vous envoie Horace, Virgile, Térence et Catulle, où vous verrez « notés en marge tous les endroits qu’il a pillés. »

Voilà, sur cet hymen que je me suis promis,

Un mérite attaqué de beaucoup d’ennemis;

Et ce déchaînement aujourd’hui me convie A faire une action qui confonde l’envie ,

Qui lui fasse sentir que l’effort qu’elle fait,

De ce qu’elle veut rompre, aura pressé l’effet.

( à Julien. )

Reportez tout cela sur l’heure à votre maître ,

Et lui dites qu’afin de lui faire connoître Quel grand état je fais de ses nobles avis ,

Et comme je les crois dignes d’être suivis ,

( montrant Trissotin. )

Dès ce soir, à monsieur je marierai ma fille.

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