‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 707 sur 785 · ARGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE · texte numérisé non relu

ARGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE

argan. Oh çà , ma fille, je vais vous dire une nouvelle, où peut-être ne vous attendez-vous pas. On vous demande en mariage. Qu’esl-ce que cela? Vous riez? Cela est plaisant, oui, ce mot de mariage! Il n’y a rien de plus drôle pour les jeunes filles. Ah ! nature , nature! A ce que je puis voir, ma fille , je n’ai que faire de vous demander si vous voulez bien vous marier.

angélique. Je dois faire, mon père, tout ce qu’il vous plaira de m’ordonner.

argan. Je suis bien aise d’avoir une fille si obéissante : la chose est donc conclue, et je vous ai promise.

angélique. C’est à moi, mon père, de suivre aveuglément toutes vos volontés.

argan. Ma femme, votre belle-mère, avoit envie que je vous fisse religieuse, et votre petite sœur Louison aussi; et de tout temps elle a été aheurtée à cela.

toinette, à part. La bonne bête a ses raisons.

argan. Elle ne vouloit point consentir à ce mariage; mais je l’ai emporté, et ma parole est donnée.

angélique. Ah ! mon père , que je vous suis obligée de toutes vos bontés !

toinette , à Argan. En vérité, je vrous sais bon gré de cela ; et voila faction la plus sage que vous ayez faite de votre Aie.

argan. Je n’ai point encore vu la personne; mais on m’a dit que j’en serois content, et toi aussi.

angélique. Assurément, mon père.

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