‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 710 sur 785 · TOINETTE. NOU · texte numérisé non relu

TOINETTE. NOU

argan. Ouais! voici qui est plaisant! Je ne mettrai pas ma fille dans un couvent, si je veux?

toinette. Non , vous dis-je.

argan. Qui m’en empêchera?

toinette. Vous-même.

argan. Moi?

toinette. Oui. Vous n’aurez pas ce cœur-là.

argan. Je l’aurai.

toinf.tte. Vous vous moquez.

argan. Je ne me moque point.

toinette. La tendresse paternelle vous prendra.

argan. Elle ne me prendra point.

toinette. Une petite larme ou deux, des bras jetés au cou, un Mon petit papa mignon, prononcé tendrement, sera assez pour vous toucher. argan. Tout cela ne fera rien.

toinette. Oui, oui.

argan. Je vous dis que je n’en démordrai point.

toinette. Bagatelles !

argan. Il ne faut point dire , bagatelles.

LE MALADE IMAGINAIRE

toinette. Mon dieu ! je vous connois; vous ôtes bon naturellement.

argan, avec emportement. Je ne suis point bon , et je suis méchant quand je veux.

toinette. Doucement, monsieur. Vous ne songez pas que vous êtes malade.

argan. Je lui commande absolument de se préparer à prendre le mari que je dis.

toinette. Et moi , je lui défends absolument d’en faire rien.

argan. Où est-ce donc que nous sommes? Et quelle audace est-ce là, à une coquine de servante , de parler de la sorte devant son maître?

toinette. Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait, une servante bien sensée est en droit de le redresser.

argan, courant après Toinette. Ali! insolente, il faut que je t’assomme.

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