ACTE II, SCENE IV
tüxnette. Que voulez-vous dire, avec votre bon visage? Monsieur l’a fort mauvais; et ce sont des impertinents qui vous ont dit qu’il éloit mieux. Il ne s’est jamais si mal porté.
argan. Elle a raison.
toinette. Il marche, dort, mange et boit tout comme les autres; mais cela n’empêche pas qu’il ne soit fort malade.
argan. Cela est vrai.
cléante. Monsieur , j’en suis au désespoir. Je viens de la part du maître a chanter de mademoiselle votre fille ; il s’est vu obligé d’aller a la campagne pour quelques jours ; et, comme son ami intime, il m’envoie à sa place pour lui continuer ses leçons , de peur qu’en les interrompant, elle ne vînt à oublier ce qu’elle sait déjà.
argan. Fort bien, (à Toinette. ) Appelez Angélique.
toinette. Je crois, monsieur, qu’il sera mieux de mener monsieur à sa chambre.
argan. Non. Faites-la venir.
toinette. Il ne pourra lui donner leçon comme il faut, s’ils ne sont en particulier.
argan. Si fait , si fait.
toinette. Monsieur, cela ne fera que vous étourdir; et il ne faut rien pour vous émouvoir en l’état où vous êtes , et vous ébranler le cerveau.
argan. Point, point : j’aime la musique ; et je serai bien aise de... Ah ! la voici. ( à Toinette.) Allez-vous-en voir , vous , si ma femme est habillée.