ACTE III, SCÈNE II
albert. Oh! oh! qui te peut amener,
Mascarille ?
mascarille. Je viens, monsieur, pour vous donner Le bonjour.
albert. Ah! vraiment, tu prends beaucoup de peine: De tout mon cœur, bonjour. ( II s’en va.)
mascarille. La réplique est soudaine.
Quel homme brusque! [Il heurte.)
ALBERT. Encor?
mascarille. Vous n’avez pas ouï,
Monsieur.
albert. Ne m’as-tu pas donné le bonjour?
mascarille. Oui.
albert. Eh bien! bonjour, te dis-je. [Il s’en va, Mascarille l’ arrête.)
mascarille. Oui; mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polidore. albert. Ah! c’est un autre hait. Ton maître t’a chargé De me saluer?
mascarille. Oui.
albert. Je lui suis obligé;
Va, que je lui souhaite une joie infinie. [Il s’en va.) mascarille. Cet homme est ennemi de la cérémonie. [Il heurte.)
Je n’ai pas achevé, monsieur, son compliment;
Il voudroit vous prier d’une chose instamment. albert. Eh bien! quand il voudra, je suis à son service. mascarille, l'arrêtant.
Attendez, et souffrez qu’en deux mots je finisse.
Il souhaite un moment, pour vous entretenir D’une affaire importante, et doit ici venir. albert. Eh! quelle est-elle encor l’affaire qui l’oblige A me vouloir parler?
mascarille. Un grand secret, vous dis-je,
Qu’il vient de découvrir en ce meme moment,
Et qui, sans doute, importe à tous deux grandement.
Voilà mon ambassade.