‹ ŒuvresChapitre 117 sur 629 · LUCILE, ALBERT, VALÈRE, MASCARILLE · texte numérisé non relu

LUCILE, ALBERT, VALÈRE, MASCARILLE

MAscARiLi.E. Seigneur Albert, au moins silence. Enfin, madame, Toute chose conspire au bonheur de votre ame,

Et monsieur votre père, averti de vos feux,

Vous laisse votre époux et confirme vos vœux;

Pourvu que, bannissant toutes craintes frivoles,

Deux mots de votre aveu confirment nos paroles. lucile. Que me vient donc conter ce coquin assuré? mascarille. Bon ! me voilà déjà d’un beau titre honoré. lucile. Sachons un peu, monsieur, quelle belle saillie Fait ce conte galant qu’ aujourd’hui l’on publie? vai.ère. Pardon, charmant objet, un valet a parlé,

Et j’ai vu, malgré moi, notre hymen révélé. lucile. Notre hymen?

valère. On sait tout, adorable Lucile,

Et vouloir déguiser est un soin inutile. lucile. Quoi! l’ardeur de mes feux vous a fait mon époux? valère. C’est un bien qui me doit faire mille jaloux :

Mais j’impute bien moins ce bonheur de ma flamme A l’ardeur de vos feux, qu’aux bontés de votre ame. Je sais que vous avez sujet de vous fâcher,

Que c’étoit un secret que vous vouliez cacher,

Et j’ai de mes transports forcé la violence A ne point violer votre expresse défense;

Mais...

mascarille. Eh bien! oui, c’est moi; le grand mal que voilà lucile. Est-il une imposture égale à celle-là?

Vous l’osez soutenir en ma présence même,

Et pensez m’obtenir par ce beau stratagème ?

O le plaisant amant, dont la galante ardeur Veut blesser mon honneur au défaut de mon cœur,

Et que mon père, ému de l’éclat d’un sot conte,

Paye avec mon hymen qui me couvre de honte!

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