‹ ŒuvresChapitre 152 sur 629 · MASCARILLE, DEUX PORTEURS · texte numérisé non relu

MASCARILLE, DEUX PORTEURS

mascarille. Holà! porteurs, holà! Là, là, là, là, là, là. Je pense que ces marauds-là ont dessein de me briser à force de heurter contre les murailles et les pavés.

premier porteur. Dame! c’est que la porte est étroite. Vous avez voulu aussi que nous soyons entrés jusqu’ici.

mascarille. Je le crois bien. Voudriez -vous, faquins, que j’exposasse

l’embonpoint de mes plumes aux inclémences de la saison pluvieuse, et que j’allasse imprimer mes souliers en boue? Allez, ôtez votre chaise d’ici.

deuxième porteur. Payez-nous donc, s’il vous plaît, monsieur.

MASCARILLE. Heitl?

deuxième! porteur. Je dis, monsieur, que vous nous donniez de l’argent, s’il vous plaît.

mascarille, lui donnant un soufflet. Comment, coquin! demander de l’argent à. une personne de ma qualité!

deuxième porteur. Est - ce ainsi qu’on paie les pauvres gens; et votre qualité nous donne-t-elle à dîner?

MAscARiiLE. Ah! ah! je vous apprendrai à vous connoître! Ces canailleslà s’osent jouer à moi!

premier porteur, prenant un des butons de sa chaise. Çà, payez-nous vitement.

MASCARILLE. Quoi ?

premier porteur. Je dis que je veux avoir de l’argent tout-à-l’heure.

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mascarille. Il est raisonnable.

PREMIER PORTEUR. Vite donc.

mascarille. Oui-dà! tu parles coniine il faut, toi; mais l’autre est un coquin qui 11e sait ce qu’il dit. Tiens, es-tu content? premier porteur. Non, je ne suis pas content; vous avez donné un soufflet à mon camarade, et... ( levant son bâton.) mascarille. Doucement; tiens, voilà pour le soufflet. On obtient tout de moi quand on s’y prend de la bonne façon. Allez, venez me reprendre tantôt pour aller au Louvre, au petit coucher.

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