I.ÉLIE. Pourquoi ccs armes-là
25 f> LE COCU IMAGINAIRE,
sganarelle. C’est un habillement Que j’ai pris pour la pluie, [à part.) Ah! quel contentement J’aurois à le tuer! Frenons-en le courage. lélie, se retournant encore.
liai?
sganarelle. Je ne parle pas.
[a, part , après s' être donné des soufflets pour s’exciter.)
Ah! poltron! dont j’enrage ;
Lâche! vrai cœur de poule!
célie, à Lélie. Il t’en doit dire assez,
Cet objet dont tes yeux nous paraissent blessés. lélie. Oui, je connois par-là que vous êtes coupable De l’infidélité la plus inexcusable,
Qui jamais d’un amant puisse outrager la foi.
SGANARELLE, Cl part.
Que n’ai-je un peu de cœur!
célie. Ah! cesse devant moi, Traître! de ce discours l’insolence cruelle!
SGANARELLE, H part.
Sganarelle, tu vois qu’elle prend ta querelle :
Courage, mon enfant, sois un peu vigoureux.
Là, hardi! tâche à faire un effort généreux,
En le tuant tandis qu’il tourne le derrière. lélie , faisant deux ou trois pas sans dessein, fait retourner Sganarelle qui s’approchoit pour le tuer.
Puisqu’un pareil discours émeut votre colère,
Je dois de votre cœur me montrer satisfait,
Et l’applaudir ici du beau choix qu’il a fait. célie. Oui, oui, mon choix est tel qu’on n’y peut rien reprendre. lélie. Allez, vous faites bien de le vouloir défendre. sganarelle. Sans doute, elle fait bien de défendre mes droits.
Cette action, monsieur, n’est point selon les lois:
J’ai raison de m’en plaindre; et, si je n’étois sage,
On verrait arriver un étrange carnage.
lélie. D’où vous naît cette plainte, et quel chagrin brutal?... sganarelle. Suffit. Vous savez bien où le bât me fait mal;
Mais votre conscience et le soin de votre aine
Vous devraient mettre aux yeux que ma femme est ma femme ;
Et vouloir, à ma barbe, en faire votre bien,
Que ce n’est pas du tout agir en bon chrétien. lélie. Un semblable soupçon est bas et ridicule.
Allez, dessus ce point n’ayez aucun scrupule:
Je sais qu’elle est à vous; et, bien loin de brûler...