SCÈNE PREMIÈRE
ARNOLPHE, seul.
Il m’est, lorsque j’y pense, avantageux, sans doute, D’avoir perdu mes pas et pu manquer sa route :
Car enfin de mon cœur le trouble impérieux N’eût pu se renfermer tout entier à ses yeux;
Il eût fait éclater l’ennui qui me dévore,
Et je ne voudrois pas qu’il sût ce qu’il ignore.
Mais je ne suis pas homme à gober le morceau,
Et laisser un champ libre aux vœux du damoiseau.
J’en veux rompre le cours, et, sans tarder, apprendre Jusqu’où l’intelligence entre eux a pu s’étendre.
J’y prends pour mon honneur un notable intérêt;
Je la regarde en femme aux termes qu’elle en est;
Elle n’a pu faillir sans me couvrir de honte,
Et tout ce qu’elle a Elit enfin est sur mon compte. Eloignement fatal ! voyage malheureux ! [Il frappe à sa porte )