‹ ŒuvresChapitre 396 sur 629 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ci. j mène. Ali! je soutiens, encore un coup, que les saletés y crèvent les yeux.

uranie. Et moi, je ne demeure pas d’accord de cela. climène. Quoi! la pudeur n’est pas visiblement blessée par ce que dit Agnès dans l’endroit dont nous parlons?

uranie. Non, vraiment. Elle ne dit pas un mot qui de soi ne soit fort honnête; et si vous voulez entendre dessous quelque autre chose, c’cst vous qui faites l’ordure, et non pas elle, puisqu’elle parle seulement d’un ruban qu’on lui a pris.

climène. A'n! ruban tant qu’il vous plaira; mais ce le, où elle s’arrête, n’est pas mis pour des prunes. Il vient sur ce le d’étranges pensées. Ce le scandalise furieusement; et, quoi que vous puissiez dire, vous 11e sauriez défendre l’insolence de ce le. élise. Il est vrai, ma cousine, je suis pour madame contre ce le. Ce le est insolent au dernier point, et vous avez tort de défendre ce le. climène. Il a une obscénité qui n’est pas supportable. élise. Comment dites-vous ce mot-là, madame? climène. Obscénité, madame.

élise. Ali! mon dieu! obscénité. Je ne sais ce que ce mot veut dire, mais je le trouve le plus joli du monde.

climène. Enfin, vous voyez comme votre sang prend mon parti. uranie. Eli! mon dieu! c’est une causeuse qui ne dit. pas ce qu’elle pense.

Ne vous y fiez pas beaucoup, si vous m’en voulez croire. élise. Ah! que vous êtes méchante de me vouloir rendre suspecte à madame! Voyez un peu où j’en serois, si elle alloit croire ce que vous dites! Serois-je si malheureuse, madame, que vous eussiez de moi cette pensée ?

climène. Non, non. Je ne m’arrête pas à ses paroles, et je vous crois plus sincère quelle ne dit.

élise. Ah! que vous avez bien raison, madame, et que vous me rendrez justice, quand vous croirez que je vous trouve la plus engageante personne du monde, que j’entre dans tous vos sentiments, et suis charmée de toutes les expressions qui sortent, de votre bouche! climène. Hélas! je parle sans affectation.

élise. O11 le voit bien, madame, et que tout est naturel en vous. Vos paroles, le ton de votre voix, vos regards, vos pas, votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de qualité qui enchante les gens. Je vous étudie des yeux et des oreilles, et je suis si remplie de vous que je tâche d’être votre singe et de vous contrefaire en tout. climène. Vous vous moquez de moi, madame. élise. Pardonnez-moi, madame. Qui voudrait se moquer de vous? climène. Je 11c suis pas un bon modèle, madame. élise. Oh! que si, madame!

climène. Vous me flattez, madame

élise. Point du tout, madame.

cm mène. Épargnez-moi, s’il vous plaît, madame.

élise. Je vous épargne aussi, madame, et je ne dis pas la moitié de ce que je pense, madame.

climène. Ali! mon dieu! brisons là, de grâce; vous me jetteriez dans une confusion épouvantable, [à Uranie.) Enfin, nous voilà deux contre vous, et l’opiniâtreté sied si mal aux personnes spirituelles. .

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