‹ ŒuvresChapitre 43 sur 629 · I. K ANDRE. Moi · texte numérisé non relu

I. K ANDRE. Moi

lélie, Vous-même.

léandre. Pourtant je n’en ai point sujet.

LÉLiE. Je vois bien ce que c’est, Célie en est là cause. léandre. Mon esprit ne court pas après si peu de chose. lélie. Pour elle vous aviez pourtant de grands desseins.

Mais il faut dire ainsi, lorsqu’ils se trouvent vains. léandre. Si j’étois assez sot pour chérir ses caresses,

Je me moquerois bien de toutes vos finesses. lélie. Quelles finesses donc?

léandre. Mon dieu ! nous savons tout.

lélie. Quoi?

léandre. Votre procédé de l’un à l’autre bout. lélie. C’est de l’hébreu pour moi, je n’y puis rien comprendre. léandre. Feignez, si vous voulez, de ne me pas entendre;

Mais, crovez-moi, cessez de craindre pour un bien Où je serois fâché de vous disputer rien.

J’aime fort la beauté qui n’est point profanée,

Et ne veux point brûler pour une abandonnée. lélie. Tout beau, tout beau, Léandre!

léandre. Ah! que vous ctes bon!

Allez, vous dis-je encor, servez-la sans soupçon,

Vous pourrez vous nommer homme à bonnes fortunes.

Il est vrai, sa beauté n’est pas des plus communes;

Mais en revanche aussi le reste est fort commun. lélie. Léandre, arrêtons là ce discours importun.

Contre moi tant d’efforts qu’il vous plaira pour elle;

Mais, surtout, retenez cette atteinte mortelle.

Sachez que je m’impute à trop de lâcheté D’entendre mal parler de ma divinité;

Et que j’aurai toujours bien moins de répugnance A souffrir votre amour qu’un discours qui l’offense, i é ANDRE. Ce que j’avance ici me vient de bonne part. i.éi-ie. Quiconque vous l’a dit est un lâche, un pendard.

On ne peut imposer de tache à cette fille,

Je connois bien son cœur.

léandre. Mais enfin, Mascarille

D’un semblable procès est juge compétent;

C’est lui qui la condamne.

lélie. Oui!

léandre. Lui-même.

lélie. Il prétend

D’une fdle d’honneur insolemment médire,

Et que peut-être encor je n’en ferai que rire!

Gage qu’il se dédit.

léandre. Et moi gage que non.

lélie. Parbleu! je le ferois mourir sous le bâton,

S’il m’avoit soutenu des faussetés pareilles. léandre. Moi, je lui couperois sur-le-champ les oreilles,

S’il n’étoit pas garant de tout ce qu’il m’a dit.

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