ACTE I, SCÈNE II
Pour n’effaroucher point son humeur de tigresse,
Il me faut manier la chose avec adresse;
Car on doit regarder comme l’on parle aux grands,
Et vous êtes parfois d’assez fâcheuses gens.
Laissez-moi doucement conduire cette trame.
Je me sens là pour vous un zèle tout de flamme;
Vous êtes né mon prince, et quelques autres nœuds Pourroient contribuer au bien que je vous veux.
Ma mère, dans son temps, passoit pour assez belle,
Et naturellement n’étoit pas fort cruelle;
Feu votre père alors, ce prince généreux,
Sur la galanterie étoit fort dangereux;
Et je sais qu’Elpénor, qu’on appeloit mon père A cause qu’il étoit le mari de ma mère,
Contoit pour grand honneur aux pasteurs d’aujourd’hui Que le prince autrefois étoit venu chez lui,
Et que, durant ce temps, il avoit l’avantage De se voir salué de tous ceux du village.
Baste. Quoi qu’il en soit, je veux par mes travaux...
Mais voici la princesse et deux de vos rivaux.