SCÈNE III
MORON, apercevant un ours qui vient a lui.
Ah! monsieur l’ours, je suis votre serviteur de tout mon cœur. De grâce, épargnez-moi: je vous assure que je ne vaux rien du tout à manger; je n’ai que la peau et les os, et je vois de certaines gens làbas qui seroient bien mieux votre affaire. Eh! eh! ch! monseigneur, tout doux, s’il vous plaît. Là, (Il caresse l’ours, et tremble de frayeur.) là, là, là. Ah! monseigneur, que votre altesse est jolie et bien faite! Elle a tout-à-fait l’air galant et la taille la plus mignonne du monde. Ah! beau poil, belle tête, beaux yeux brillants et bien fendus! Ah! beau petit nez! belle petite bouche! petites quenottes jolies! Ah! belle gorge! belles petites menottes! petits ongles bien faits! ( L’ours se lève sur ses pattes de derrière.) A l’aide! au secours! je suis mort! Miséricorde! Pauvre Moron! Ah! mon dieu! Eh! vite, à moi, je suis perdu.
(Moron monte sur un arbre.)