‹ ŒuvresChapitre 477 sur 629 · UN SATYRE, MORON · texte numérisé non relu

UN SATYRE, MORON

le satyre chante. La, la, la.

MORON. Ah! Satyre, mon ami, tu sais bien ce que tu m’as promis, il y a long-temps. Apprends-moi à chanter, je te prie. le satyre. Je le veux; mais auparavant, écoute une chanson que je viens de faire.

moron, bas, h part. Il est si accoutumé à chanter qu’il ne sauroit parler d’autre façon, [haut.) Allons, chante, j’écoute. le satyre chante. Je portois...

moron. Une chanson, dis-tu?

LE SATYRE. Je pOl’t...

moron. Une chanson à chanter?

le satyre. Je port...

moron. Chanson amoureuse? Peste!

i.e satyre. Je portois dans une cage

Deux moineaux que j’avois pris,

Lorsque la jeune Chloris Fit, dans un sombre bocage,

Briller, à mes yeux surpris,

Les fleurs de son beau visage.

Hélas! dis-je aux moineaux, en recevant les coups De ses yeux si savants à faire des conquêtes, Consolez-vous, pauvres petites bêtes,

Celui qui vous a pris est bien plus pris que vous.

( Moron demande au Satyre une chanson plus passionnée , et le prie de lui dire celle qu’il lui avait ouï chanter linéiques jours auparavant.)

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