LA PRINCESSE, ARISTOMÈNE, AGLANTE, MORON
aristomène. Madame, je viens à vos pieds rendre grâce à l’Amour de nu s heureux destins, et vous témoigner, avec mes transports, le ressen-
000 LA PRINCESSE D’ÉLIDE
timent où je suis des bontés surprenantes dont vous daignez favoriser le plus soumis de vos captifs.
i.a princesse. Comment?
au istomène. Le prince d’Ithaque, madame, vient de m’assurer tout à l’heure que votre cœur avoit eu la bonté de s’expliquer en ma faveur sur ce célèbre choix qu’attend toute la Grèce.
i.a princesse. Il vous a dit qu’il tenoit cela de ma bouche?
AiwsTOMÈNK. Oui, madame.
la princesse. C’est un étourdi; et vous êtes un peu trop crédule, prince, d’ajouter foi si promptement à ce qu’il vous a dit. Une pareille nouvelle méritoit bien, ce me semble, qu’on en doutât un peu de temps; et c’est tout ce que vous pourriez faire de la croire si je vous Pavois dite moi-même.
auistomène. Madame, si j’ai été trop prompt à me persuader...
i.a princesse. De grâce, prince, brisons là ce discours; et, si vous voulez m’obliger, souffrez que je puisse jouir de deux moments de solitude.