LA P R I N C E S S F. DÉ U DE , ACTE IV, SCÈNE VU
cela soit et je vois bien que je ne puis pas l’aimer. Quoi ! je serois capable de cette lâcheté! .l’ai vu toute la terre à mes pieds avec la plus grande insensibilité du monde; les respects, les hommages et les soumissions n’ont jamais pu toucher mon ame, et la fierté et le dédain en auroient triomphé ! J’ai méprisé tous ceux qui m’ont aimée et j’aimerois le seul qui me méprise! Non, non, je sais bien que je ne l’aime pas . Il n’v a pas de raison à cela. Mais, si ce n’est pas de l’amour que je sens maintenant, qu’est-ce donc que ce peut être? Et d’où vient ce poison qui me court par toutes les veines et ne me laisse point en repos avec moi-meme? Sors de mon cœur, qui que tu sois, ennemi qui te caches. Attaque -moi visiblement et deviens à mes yeux la plus affreuse bête de tous nos bois, afin que mon dard et mes flèches me puissent défaire de toi.