‹ ŒuvresChapitre 5 sur 629 · ACTE I, SCENE lf · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE lf

Je sais que ton esprit, en intrigues fertile,

N’a jamais rien trouvé qui lui lût difficile;

Qu’on te peut appeler le roi des serviteurs;

Et qu’en toute la terre...

mascaiulle. Eh! trêve de douceurs.

Quand nous faisons besoin, nous autres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables;

Et dans un autre temps, dès le moindre courroux, Nous sommes les coquins qu’il faut rouer de coups. liIlie. Ma loi! tu me fais tort avec cette invective.

Mais enfin discourons un peu de ma captive :

Dis si les plus cruels et plus durs sentiments Ont rien d’impénétrable à des traits si charmants. Pour moi, dans ses discours comme dans son visage Je vois pour sa naissance un noble témoignage;

Et je crois que le ciel dedans un rang si bas Cache son origine et ne l’en tire pas. mascaiulle. Vous êtes romanesque avecque vos chimères.

Mais que fera Pandolfe en toutes ces affaires?

C’est, monsieur, votre père, au moins à ce qu’il dit: Vous savez que sa bile assez souvent s’aigrit;

Qu’il peste contre vous d’une belle manière,

Quand vos déportements lui blessent la visière.

Il est avec Anselme en parole pour vous Que de son Hippolyte on vous fera l’époux, S’imaginant que c’est dans le seul mariage Qu’il pourra rencontrer de quoi vous faire sage ;

Et s’il vient à savoir que, rebutant son choix,

D’un objet inconnu vous recevez les lois,

Que de ce fol amour la fatale puissance Vous soustrait au devoir de votre obéissance,

Dieu sait quelle tempête alors éclatera,

Et de quels beaux sermons on vous régalera. i.iii.iK. Ah! trêve, je vous prie, à votre rhétorique. mascaiulle. Mais vous, trêve plutôt à votre politique:

Elle n’est pas fort bonne, et vous devriez tâcher... î.ÉLi k. Sais-tu qu’on n’acquiert rien de bon à me fâcher, Que chez moi les avis ont de tristes salaires,

Qu’un valet conseiller y fait mal scs affaires? mascaiulle, à part.

Il sc met en courroux. ( haut .) Tout ce que j’en ai dit N’étoit rien que pour rire et vous sonder l’esprit. D’un Censeur de plaisirs ai-je fort l’encolure?

Et Mascarille est-il ennemi de nature?

Vous savez le contraire, et qu’il est très certain Qu’on ne peut me taxer que d’être trop humain. Moquez-vous des sermons d’un vieux barbon de père : Poussez votre bidet, vous dis-je, et laissez faire.

Ma foi! j’en suis d’avis que ces pénards chagrins Nous viennent étourdir de leurs contes badins,

Et, vertueux par force, espèrent par envie Oter aux jeunes gens les plaisirs de la vie.

Vous savez mon talent, je m’offre à vous servir. lélie. Ah! c’est par ces discours que tu peux me ravir.

Au reste, mon amour, quand je l’ai fait paroître,

N’a point été mal vu des yeux qui l’ont fait naître.

Mais Léandre, à l’instant, vient de me déclarer Qu’à me ravir Célie il se va préparer :

C’est pourquoi dépêchons, et cherche dans ta tête Les moyens les plus prompts d’en faire ma conquête. Trouve ruses, détours, fourbes, inventions,

Pour frustrer un rival de ses prétentions. masc.uux.lk. Laissez-moi quelque temps rêver à cette affaire. h part. Que pourrois-je inventer pour ce coup nécessaire? lélik. Eh bien! le stratagème?

mascarille. Ah! comme vous courez!

Ma cervelle toujours marche à pas mesurés.

J’ai trouvé votre fait: il faut... Non, je m’abuse.

Mais si vous alliez...

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