‹ ŒuvresChapitre 561 sur 629 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

ment; mais enfin, je t’avoue que, s’il m’étoit permis de vouloir quelque chose, ce seroit lui que je voudrois. Nous n’avons eu ensemble aucune conversation, et sa bouche ne m’a point déclaré la passion qu’il a pour moi; mais, dans tous les lieux où il m’a pu voir, ses regards et ses actions m’ont toujours parlé si tendrement, et la demande qu’il a fait faire de moi m’a paru d’un si honnête homme, que mon cœur n’a pu s’empêcher d’être sensible à ses ardeurs; et, cependant, tu vois où la dureté de mon père réduit toute cette tendresse.

i.isKTTE. Allez, laissez-moi faire. Quelque sujet que j’aie de me plaindre de vous du secret que vous m’avez fait, je ne veux pas laisser de servir votre amour; et, pourvu que vous ayez assez de résolution...

MîciSDE. Mais que veux-tu que je fasse contre l’autorité d’un père? Et s’il est inexorable à mes vœux...

iisctte. Allez, allez, il ne faut pas se laisser mener comme un oison; et, pourvu que l’houneur n’y soit pas offensé, on peut se libérer un peu de la tyrannie d’un père. Que prétend-il que vous fassiez? N’étesvous pas en âge d’être mariée? et croit-il que vous soyez de marbre? Allez, encore un coup, je veux servir votre passion; je prends, dès à présent, sur moi, tout le soin de ses intérêts, et vous verrez que je sais des détours... Mais je vois votre père. Rentrons, et me laissez agir.

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