‹ ŒuvresChapitre 627 sur 629 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

Mais je tombe d’accord de mon crime envers vous. Votre ressentiment sans doute est raisonnable;

Je sais combien je dois vous paroître coupable,

Que toute chose dit que j’ai pu vous trahir,

Et qu’en (in vous avez sujet de me haïr.

Faites-le, j’y consens.

ALCESTE. Eh! le puis-je, traîtresse?

Puis-je ainsi triompher de toute ma tendresse?

Et quoique avec ardeur je veuille vous haïr, Trouvé-je un cœur en moi tout prêt à m’obéir?

(à El/ante et à Ph/U/ite.)

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,

Et je vous fais tous deux témoins de ma foiblesse. Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,

Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,

Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (7; Cclimè/ic.) Oui, je veux bien, perfide, oublier vos forfaits;

J’en saurai, dans mon ame, excuser tous les traits,

Et me les couvrirai du nom d’une foiblesse Où le vice du temps porte votre jeunesse,

Pourvu que votre cœur veuille donner les mains Au dessein que j’ai fait de fuir tous les humains,

Et que dans mon désert, où j’ai fait vœu de vivre, Vous soyez sans tarder résolue à me suivre.

C’est par là seulement que dans tous les esprits Vous pouvez réparer le mal de vos écrits,

Et qu’après cet éclat qu’un noble cœur abhorre,

Il peut m’être permis de vous aimer encore. cf.limène. Moi, renoncer au monde avant que de vieillir,

Et dans votre désert aller m’ensevelir!

alceste. Et s’il faut qu’à mes feux votre flamme réponde,

Que vous doit importer tout le reste du monde?

Vos désirs avec moi ne sont-ils pas contents? célimène. La solitude effraie une ame de vingt ans.

Je 11e sens point la mienne assez grande, assez forte, Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte.

Si le don de ma main peut contenter vos vœux,

Je pourrai me résoudre à serrer de tels nœuds;

Et l’hymen...

alceste. Non. Mon cœur à présent vous déteste, Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.

Puisque vous n’étes point, en des liens si doux,

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