‹ ŒuvresChapitre 65 sur 629 · TRUFALDIN, MASCARILLE · texte numérisé non relu

TRUFALDIN, MASCARILLE

trufaldin. Écoute: sais-tu bien ce que je viens de faire? mascarillf. Non, mais si vous voulez, je ne tarderai guère,

Sans doute, à le savoir.

trufaldin. D’un chêne grand et fort.

Dont près de deux cents ans ont fait déjà le sort,

Je viens de détacher une branche admirable,

Choisie expressément de grosseur raisonnable,

Dont j’ai fait sur-le-champ, avec beaucoup d’ardeur,

{Il montre son bras.)

Un bâton à peu près... oui, de cette grandeur,

Moins gras par l’un des bouts, mais, plus que trente gaules, Propre, comme je pense, à rosser les épaules;

Car il est bien en main, verd, noueux et massif. niAscARiLi.E. Mais pour qui, je vous prie, un tel préparatif? trufaldin. Pour toi premièrement; puis pour ce bon apôtre.

Qui veut m’en donner d’une, et m’en jouer d’une autre, Pour cet Arménien, ce marchand déguisé,

Introduit sous l’appât d’un conte supposé.

MAscARiLLz. Quoi ! vous ne croyez pas?...

trufaldin. Ne cherche point d’excuse:

Lui-même heureusement a découvert sa ruse;

Et disant à Célie, en lui serrant la main,

Que pour elle il venoit sous ce prétexte vain,

Il n’a pas aperçu Jeannette, ma lillole,

Laquelle a tout ouï, parole pour parole;

Et je ne doute point, quoiqu’il n’en ait rien dit,

Que tu ne sois de tout le complice maudit. mascarillf.. Ali! vous me faites tort. S’il faut qu’on vous affronte, Croyez qu’il m’a trompé le premier à ce conte. trufaldin. Veux-tu me faire voir que tu dis vérité?

Qu’à le chasser mon bras soit du tien assisté;

Donnons-en à ce fourbe et du long et du large,

TT de tout crime après mon esprit te décharge. mascarillf.. Oui-dà, très volontiers, je l’épousterai bien,

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