SCÈNE IY
TRUFALDIN, C É L I E , LÉLIE, retiré dans un coin , MASCARILLE.
trufaldin, à Célie.
Que faites- vous dehors? et quel soin vous talonne, Vous à qui je défends de parler à personne? célie. Autrefois j’ai connu cet honnête garçon;
Et vous n’avez pas lieu d’en prendre aucun soupçon. mascarille. Est-ce là le seigneur Trufaldin?
célie. Oui, lui-même.
mascarille. Monsieur, je suis tout vôtre, et ma joie est extrême De pouvoir saluer en toute humilité Un homme dont le nom est partout si vanté. trufaldin. Très humble serviteur.
mascarille. J’incommode peut-être;
Mais je l’ai vue ailleurs, où m’ayant fait connoître Les grands talents qu’elle a pour savoir l’avenir,
Je voulois sur un point un peu l’entretenir. trufaldin. Quoi ! te mêlerois-tu d’un peu de diablerie?
célie. Non, tout ce que je sais n’est que blanche magie. mascarille. Voici donc ce que c’est. Le maître que je sers
Languit pour un objet qui le tient dans ses fers;
Il auroit bien voulu, du feu qui le dévore,
Pouvoir entretenir la beauté qu’il adore :
Mais un dragon, veillant sur ce rare trésor,
N’a pu, quoi qu’il ait fait, le lui permettre encor;